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Red Lions 94 est un groupe autonome de l'Action Antifasciste basé dans le 94 - banlieue sud. Nous portons l'offensive de la culture métissée et populaire.

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L'armée, une tentacule de l'impérialisme français

Depuis quelques jours, la Légion Étrangère fait les gros titres des journaux.

En effet, un légionnaire a été victime d'un « coup de folie » au Soudan, et a abattu deux parachutistes français, un militaire togolais, un paysan tchadien qui n'avait rien demandé à personne, et a pris la fuite.
 
« Un coup de folie », du moins c'est ainsi que le présentaient la hiérarchie militaire ainsi que les médias du pouvoir.
Car ce type de massacre commis par des soldats de l'impérialisme français n'a rien d'anecdotique, ni même de nouveau.
 
Il faut en effet savoir qu'au bon vieux temps des colonies, on appelait ça la « soudanite » ou encore le « coup de folie africaine ».
 
Ces expressions, encore vivaces dans une armée pourtant moderne, viennent historiquement des exactions, massacres, assassinats, viols et tortures commis en 1899 par deux officiers colonialistes français, Voulet et Chanoine, partis à la conquête du Tchad avec leurs troupes. Victimes soi-disant du soleil africain ou de la syphilis...
 
Plus d'un siècle après, rien n'a changé, et l'impérialisme française se croit toujours chez lui en terre d'Afrique.
D'ailleurs, ce n'est pas pour rien si, maintenant que le légionnaire « fou » a été arrêté et que des poursuites sont en route, les chefs d'accusation sont « assassinat » pour les « paras » français, et « meurtre » pour le militaire togolais et le paysan tchadien. Pour l'impérialisme français, c'est une justice pour les noirEs et une justice pour les blancs.
 
Maintenant on peut aussi et surtout se demander ce qui a poussé ce légionnaire d'origine brésilienne à un soi-disant « coup de folie ».
 
Le militaire explique avoir subi des brimades... et c'est sans doute malheureusement la vérité !
 
Par exemple, il y a deux mois, l'Association de défense des droits des militaires (Adefromil), qui est plus qu'intégrée à l'appareil militaire, a publié pour la première fois un rapport sur les atteintes aux droits de l'homme au sein de l'armée.
Son président dénonçait des « pratiques d'un autre âge », surtout dans la Légion étrangère : « Les gars sont retenus par la force et par la menace, il faut le savoir : sinon, 85% d'entre eux se sauveraient. »
 
Il faut imaginer ce qu'est la réalité, pour qu'au sein même des organismes proches de l'État et de son armée, de tels propos apparaissent.
 
Et c'est dans cette armée impérialiste, qui domine les peuples du monde, qui brutalise les pays dont sont souvent issues nos familles, et où la violence et l'autorité absolue règne en son propre sein, c'est dans cette armée que l'État veut nous enrôler !
 
Et cela même si le service militaire a été « suspendu » (pas aboli ! s'il y a une guerre, comme cela semble se préciser chaque semaine, notre compte sera bon à nous aussi !). Demandez à vos grands frères ou à votre père comment c'était, le service militaire, surtout pour les gens issus du peuple et des minorités...
 
Bref, voilà ce que nous réserve l'État français, avec son armée de conseillères d'orientation pourries, son bombardement de pubs à la télé ou dans les CDI des collèges et lycées, et ses centres de recrutement juste en face des ANPE (pardon, les « pôles emploi »).
 
Car en fait, les soldats de base sont presque tous issus du Peuple, et cherchent une voie de sortie, un emploi stable dans le capitalisme. Et au fond, quoi de plus normal ?
 
Il est alors « amusant » de constater que c'est souvent des gens de notre quartier, souvent issus des colonies françaises, qui sont envoyés faire la guerre dans les actuelles colonies de l'impérialisme français (Tchad, Côte d'Ivoire, Togo, Afghanistan, Haïti, Liban, etc., etc.).
 
Et les médias le « découvrent » à chaque fois à des occasions tragiques, quand la résistance à l'impérialisme parvient à tuer des soldats, qui sont en fait de la chair à canon de l'impérialisme français. Mais le Peuple le savait déjà parfaitement, car il s'agit de nos voisins, de nos cousins, d'amis d'amis, etc.
 
Et quand ce n'est pas pour faire la guerre dans les colonies, l'armée sert (et servira sans doute très prochainement) à mater la révolte dans nos quartiers. Nous vivons une quasi occupation militaire menée par la police, mais quand la guerre prend un caractère ouvert et profond, l'État n'hésite pas à envoyer l'armée. D'ailleurs, en novembre 2005, les syndicats de police demandaient l'intervention de l'armée, à côté de l'instauration de l'état d'urgence et du couvre-feu militaire.
 
Cela explique aussi la modernisation de l'armée (drônes, uniformes, etc.), et ses entraînements réguliers dans des villes moyennes de province en vue du combat urbain... En face, ils flippent !

Enfin, il est aussi important de comprendre le rôle de la culture de l'armée française.
 
L'armée est une institution qui se fait le vecteur de valeurs jumelles du fascisme ; de nombreux cadres et intellectuels du fascisme français ont été formé par la tradition militaire. 
 
L'armée française est par définition conservatrice, au service des dominants, et veut intégrer le Peuple dans les projets portés par le capitalisme, dans les guerres servant l'impérialisme français. 
 
De plus, le fameux légionnaire au Tchad (oui, revenons à notre sujet !) subissait aussi un harcèlement moral.
 
Son avocat a ainsi expliqué : « Josafa [le légionnaire] raconte qu’il "ramassait" plus que les autres depuis un moment et que cela s’est accentué depuis son arrivée au Tchad. Il faut savoir qu’il est chrétien évangélique, qu’il ne boit pas et qu’il ne va pas voir les filles. Du coup, il pouvait se trouver à l’écart par rapport à ses camarades. » 
 
En fait, c'est ça toute la contradiction culturelle au sein du Peuple, et pas seulement pour ceux des nôtres qui ont cru trouver la sortie dans l'armée impérialiste.
 
Les classes dominantes voudraient nous cantonner dans deux attitudes culturelles apparemment contradictoires, mais qui sont là pour nous prendre en étau, entre deux feux :
 
- soit il faut avoir une culture de beauf français, boire, aller « voir les filles », aimer les voitures, mépriser la nature ;
 
- soit on refuse tout ça, et la culture dominante veut nous pousser dans les bras de la soumission (dans le cas précis du légionnaire, dans les bras de la religion).
 
Entre ces deux fausses alternatives, le Peuple développe « spontanément » les embryons de la culture de demain :
 
amour des sienNEs, métissage, respect de soi-même, refus de l'autodestruction, des drogues et de l'alcool, hygiène de vie, féminisme, compassion pour les animaux et la nature, fraternité au sein du Peuple, autocritique pour progresser, mode de vie collectif, curiosité du monde, etc.
 
Mais cette culture positive, qui naît au sein du Peuple et nulle part ailleurs, est menacée à chaque instant, entre les deux cultures (contradictoires seulement en apparence) que le vieux monde veut nous imposer.
 
Les Red Lions 94 n'inventons rien, nous tentons juste de débusquer les tendances de la culture métisse et populaire, de les synthétiser, de les généraliser, et de mener une véritable révolution culturelle.
 
Révolution culturelle qui s'oppose bien évidemment dès sa naissance à la brutalité de l'impérialisme français et de son armée.
 
« Ça s'appelle : je n'irai pas aller au service militaire,
Là-bas ya rien à faire et dans mon quartier c'est déjà la guerre ! »
Red Lions 94
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